[mise à jour août 2017]

Les raccourcisseurs d’url se multiplient et se diversifient.  La liste s’allonge chaque mois. Et pour cause: ils sont indispensables pour les amateurs de micro-blogging et pour les utilisateurs des réseaux sociaux. Majoritairement gratuits, ils génèrent rapidement des urls courtes, faciles à intégrer, suivre, voire même personnaliser.  Pour autant, tous les raccourcisseurs se valent-ils?  

Un raccourcisseur d’url, kesako ?

Comme son nom l’indique, son objectif prioritaire est de raccourcir au maximum une adresse web, essentiellement pour la partager sur les réseaux sociaux qui limitent le nombre de caractères d’un message. Concrètement, l’outil génère une redirection 301 : l’url raccourcie (automatiquement ou avec possibilité de personnalisation) est renvoyée vers la longue url d’origine.

Bien que l’usage des raccourcisseurs ne se soit vraiment répandu qu’avec l’avènement des réseaux sociaux, ils sont presque aussi anciens que le web. Leur fonction première était de créer une adresse web facile à encoder et mémoriser. C’est d’ailleurs un aspect qui revient en force.

On parle donc aujourd’hui de « branded url » ou « vanity url » pour désigner des urls personnalisées qui évoquent une marque, une entreprise. Exemples : pep.si/BWW  ou  virg.in/oT2

Quand utiliser un raccourcisseur d’url ?

Essentiellement, ce qui justifie leur utilisation, c’est la possibilité de :

  • Gagner des caractères (dans un message Twitter par exemple)
  • Avoir une URL plus esthétique et plus reconnaissable.
  • Simplifier la transmission d’une adresse web (dans un imprimé par exemple).
  • Améliorer la lisibilité d’un QR code
  • Permettre l’insertion de certains liens (comprenant des caractères non alpha-numériques) dans certains forums, pages HTML ou Wiki
  • Masquer l’url d’origine: une technique utilisée par les spammeurs et par des référenceurs peu scrupuleux, pour cacher des liens d’affiliation par exemple.
  • Analyser les statistiques : nombre de clic, provenance, etc.

Mais nous verrons plus loin que de nouveaux usages sont venus s’ajouter avec la publicité en ligne, le marketing d’affiliation et la monétisation des sites et blogs.

Inconvénients des raccourcisseurs d’url

  • La durée de vie d’un lien: les liens courts durent tant que le service existe. Mieux vaut donc choisir un raccourcisseur reconnu.
  • URL muet: On ne sait plus sur quoi on clique !  Pour éviter cela, certains raccourcisseurs prévoient la prévisualisation de l’url long lorsqu’on passe la souris sur l’url court.

Les principaux réducteurs d’url

La liste est longue et il serait fastidieux de les énumérer tous. Surtout que de la durée de vie de certains acteurs mineurs est parfois très courte.  Je me bornerai donc à vous proposer une sélection des solutions les plus solides. Elles me semblent d’ailleurs répondre à la plupart des besoins des internautes.

Le pionnier: tinyurl

Lancé en janvier 2002, Tiny URL est un des premiers, sinon le premier raccourcisseur d’url. Le site assure que les url raccourcies n’expireront jamais. Une garantie non négligeable. Malheureusement, le site n’a guère évolué et il s’est laissé distancer par d’autres solutions qui offrent certaines options intéressantes absentes chez tinyurl.

Le quatuor de tête

Le leader incontesté : bitly

Bitly est le raccourcisseur d’url le plus populaire. Rien d’étonnant puisqu’il offre de très nombreuses fonctionnalités pour organiser et contrôler facilement vos URL courts. Vous devez vous inscrire pour pouvoir en profiter, mais ça vaut le coup. Contrairement à tinyurl, vous pouvez personnaliser vos liens. Une fois vos liens créés, vous pourrez les suivre via un dashboard où vous pourrez rechercher, annoter, regrouper et classer vos liens courts à votre guise. Vous pourrez également rendre vos liens privés.

Bitly offre bien sûr des fonctions de tracking habituelles pour suivre le nombre de clics et de sauvegardes d’un lien, l’origine des cliqueurs, le nombre de partages sur les réseaux sociaux, etc. Enfin, en adoptant son extension Chrome, vous pourrez créer et partager une url courte en un seul clic, depuis n’importe quel site.

L’inévitable : goo.gl

Google se devait d’avoir son propre raccourcisseur d’url : goo.gl, Fiable et sûr, il conserve un historique des liens raccourcis et peut montrer des analyses en temps réel. L’intérêt principal de goo.gl est que qu’il fait partie intégrante de votre compte Google. Vous aurez bien sûr accès à des statistiques détaillées, à la Google Analytics. Goo.gl intègre le vérificateur de spam du moteur de recherche Google, de sorte que vos liens courts seront mieux considérés que certains liens générés par d’autres raccourcisseurs.

Mais goo.gl est un raccourcisseur d’url basique qui est loin d’offrir les possibilités des solutions telles que bitly, rebrandly ou tinycc.

Le challenger : rebrandly

Nettement plus récent que les raccourcisseurs précédents, rebrandly a pris les leçons de ses aînés et propose une série d’options fort intéressantes. Et surtout la possibilité d’utiliser un nom de domaine personnalisé (à la « virg.in ») même dans la version gratuite (alors que bitly offre ce service dans la version Entreprise qui est hors de prix – 1000€/mois).

Le positionnement de rebrandly est clair : proposer de nombreuses fonctionnalités à un prix beaucoup plus abordable que bitly : personnalisation, tracking, partage, modification et même suppression des liens raccourcis ainsi que statistiques; Tout ce que l’on peut attendre des meilleurs outils. Et de nombreux petits bonus, comme un QR code ou même des émoticones associés à l’url raccourci.

La poids lourd: tinycc

La liste des options proposées par tinycc est impressionnante : plus de 100 fonctionnalités (regroupées en plusieurs catégories : redirections, configuration, gestion, tracking, monitoring, développement, notifications, etc.) !

Tinycc vous promet d’augmenter les taux de clics de vos urls de 34%, d’augmenter la transparence et la confiance des utilisateurs, de multiplier l’exposition et la reconnaissance de votre marque, de paraître plus professionnel et crédible et d’avoir votre propre nom de domaine personnalisé.  Pas moins !

Bref, si vous cherchez une solution vraiment robuste mais pas trop onéreuse, l’offre de base de tinycc (9€/mois) devrait vous séduire. C’est vraiment un outil très complet pour raccourcir les URL, gérer les redirections, suivre les clics, promouvoir et surveiller vos contenus de marque ou rendre votre marketing plus efficace.

Bref récapitulatif pour y voir clair

SolutionBITLYGOO.GLTINYCCREBRANDLY
Création2008201020062015
LocalisationUSAUSAUSAIreland
Login/Signupouivia Googleouioui
Statistiquesouiouiouioui
Domaine personnalisépayantnonouioui (1)
Liens personnalisésouinonouioui
Modification url destinationpayantnonouioui
Création de liens en massenonnonouioui
Suppression des liens créésnonnonouioui
Extension Chromeouiouiouioui
Partage Socialouinonouioui
QR-codenonouioui
Accès APIpayantnonouioui
Coûtfreemium
0-1000
gratuitPayant
9-29-50
freemium
0-9-99-499

Quelques solutions françaises

Comme vous l’avez constaté toutes les solutions retenues jusqu’à présent sont exclusivement anglophones. Pourtant il y a des solutions françaises … mais elles sont généralement nettement plus limitées ou légères et n’ont pas (encore) fait leur preuves. Mais en voici quelques unes que vous pourriez tester :

  • vu.fr offre la possibilité de personnaliser les liens courts, d’indiquer une date d’expiration, de déterminer si l’url est publique ou non. Elle offre une extension chrome et la possibilité de suivre les statistiques à condition d’ajouter ~s à la fin de l’url court. Ce qui me dérange toutefois, c’est l’incohérence de ce tout jeune site qui s’affiche d’abord en français mais qui passe à l’anglais dès qu’on veut aller dans les détails. Par ailleurs, je n’ai trouvé aucune trace de la société qui se cache derrière cet outil. Bref … l’absence de transparence me gêne !
  • past.is ne se prend pas la tête et affiche clairement sa provenance. Cela fleure bon le sud et tant mieux !
  • bzh.me est le raccourcisseur d’url breton qui clame son appartenance de manière bien sympathique. Une solution toute jeune mais qui semble ne rien devoir envier au majors de promo : personnalisation de l’url court, mot de passe, tableau de bord et statistiques, partage, etc. À découvrir et à suivre.
  •  Grizz.link permet de simplifier une URL en quelques secondes. Sans inscription. De plus, il offre des fonctionnalités telles que sécurisation des liens, personnalisation des urls, statistiques de consultation des liens, monétisation. Grizz.link permet aussi de grouper plusieurs liens derrière une url simplifiée.

Les raccourcisseurs « sociaux »

Toute une série de raccourcisseurs sont en fait liés et exclusivement dédiés à un réseau social ou à un outil de gestion des réseaux sociaux.  C’est le cas de ow.ly (Hootsuite), buff.ly (Buffer), Su.pr (StumbleUpon), Yt.vu (YouTube), t.co (Twitter), Fb.me (Facebook).

Les réducteurs « DIY »

Il existe une catégorie à part, réservée aux développeurs qui ont envie de se créer leur propre raccourcisseur d’url.

  • YOURLS (Your URL Shortening) rentre dans cette catégorie. Il s’agit d’un ensemble de scripts PHP qui vous permettront d’exécuter votre propre service de raccourcissement d’URL (à la TinyURL ou bitly). Il faut donc clairement mettre les mains dans le code. Moyennant quoi, vous maîtriserez tout : les données, les personnalisations, les fonctionnalités.

Les raccourcisseurs « rémunérateurs »

On rentre ici dans une catégorie un peu particulière, appelée par certains « cashlinks« . Si vous cherchez de petits revenus passifs, ceci devrait vous intéresser.

Le principe est simple : ici, les urls raccourcis renvoient vers des publicités avant d’être redirigés vers la page de destination. L’internaute est bien évidemment libre d’ignorer ces publicités mais cela peut aussi le frustrer. On est clairement dans du marketing intrusif. À vous de voir ce qui est important à vos yeux.

Le raccourcisseur d’URL se rémunère grâce à ces publicités, et reverse une partie de l’argent gagné à l’auteur du lien : vous.

Il y a bien sûr toute une série de sites qui proposent ce type de services. Je n’en présenterai que deux qui me semblent représentatif.

  • adf.ly est le service le plus fiable pour faire de l’argent avec des URLs raccourcis. adf.ly  inclut de nombreuses fonctionnalités telles que la publicité sécurisée, la garantie de paiement du montant minimum dès 5 $. Le paiement se fait via PayPal ou autre. Des statistiques vous permettent de suivre chaque jour le nombre de clics et le montant de la rémunération de votre URL. Il existe différents taux CPV (coût par vue) selon les pays. adf.ly est gratuit et bien rémunéré (plus de 4 $ pour 1000 clics sur le lien raccourci). Et si vous invitez d’autres personnes, vous obtenez une commission de 20% de leur revenu.
  • linkbucks fonctionne de manière similaire.  Il était parmi les premiers à se lancer sur ce segment de marché de la monétisation des réseaux sociaux.  linkbucks  offre pas mal d’options pour le placement de l’encart publicitaire, le type de bannière, et le nom de domaine des URLs raccourcis. Vous pouvez utiliser votre propre compte Google Analytics pour suivre les statistiques de vos liens raccourcis sponsorisés. Ici aussi, un programme d’affiliation vous permet de gagner 20% des gains de vos affiliés, puis 10% des gains de leurs filleuls, et encore 2% des filleuls de 3ème niveau… Le paiement est possible à partir de 5 $ gagnés et uniquement via PayPal.