Dans ce siècle hyper-connecté et hyper-médiatisé, l’information coule en un flot continu qui relève plus du raz-de-marée que du long fleuve tranquille.  Les connaissances propulsées dans l’immense centrifugeuse du web sont lessivées et pulvérisées en une multitude de données, souvent informes et brouillonnes. Et si nous n’y prenons garde, l’infobésité nous guette. Mais saviez-vous que ce maelstrom n’est généré que par 10 à 20% des internautes? 

Affuter son esprit critique est vital, tout comme maîtriser les méthodes et outils qui permettent de gérer ce flux perpétuel. Veille, curation, intelligence stratégique ou  gestion de la connaissance (KM), peu importe le nom qu’on leur donne! Ils répondent tous à un même objectif : donner sens et structure à la masse de données brutes à laquelle nous sommes confrontés.

Cueillir les perles du savoir pour tracer de nouvelles voies et ouvrir des perspectives inattendues est alors la récompense suprême de tout créateur de contenu.

La règle de Nielsen: 90-9-1

En 2006, Jacob Nielsen indiquait que le degré de participation des internautes suivait généralement une règle de 90 – 9 -1.

  • 90% des internautes sont des consommateurs passifs (ils lisent, observent  en silence)
  •   9% sont des contributeurs (ils commentent et partagent le contenu des autres)
  •   1% seulement est producteur (ils créent et diffusent du contenu original).

En 2013, cette logique est toujours d’actualité. Car peu importe que le ratio soit 90-9-1, 70-20-10, 80-15-5, ou quoi que ce soit d’autre, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les proportions n’évoluent guère. Il y a toujours une large majorité d’observateurs passifs, un petit pourcentage d’intervenants réactifs et une minorité de véritables acteurs et créateurs.

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Les 4 niveaux du partage d’information

Dès le moment où un internaute émerge de la masse silencieuse, il s’inscrit dans une logique de partage de l’information. Et plus ses interactions s’affirment, plus il progresse vers le sommet de la pyramide, et donc vers la sphère très limitée des créateurs, éditeurs et influenceurs.

Quatre étapes jalonnent le parcours chronophage mais passionnant de ces internautes actifs.

1.    Commenter & converser

Le premier stade du partage de connaissance consiste à réagir à la lecture d’un article, d’un billet ou d’un avis publié sur le net. Nos commentaires postés sur d’autres blogs, nos prises de position dans les forums, nos impressions publiées sur les réseaux sociaux ou encore nos (re)tweets marquent souvent  nos premiers pas de contributeurs sur la toile. C’est ainsi que nous commençons  à construire notre visibilité, à offrir nos connaissances, tout en nouant le dialogue et en créant de nouveaux liens et de nouvelles communautés.

Comme pour toute activité sociale, l’important à ce stade est de ne pas se disperser inutilement et concentrer ses efforts sur les sources les plus pertinentes et les ressources les plus prometteuses. Cela relève d’une saine stratégie. Le mot d’ordre est donc d’être constructif, positif, concis et, surtout, d’éviter l’auto-promotion.

 2.    Collecter & organiser

Tout au long de nos pérégrinations sur la toile, nous récoltons, archivons et commentons de nombreux contenus correspondant à nos centres d’intérêt. Ces documents proviennent de sources variées, plus ou moins qualifiées, qu’il faudra trier pour que cette manne devienne utile et digeste.

Nous entrons ainsi dans une deuxième phase de gestion de l’information et faisons œuvre de «curation».  Cette opération est d’autant plus indispensable qu’elle nous permet de passer de la surabondance indifférenciée des moteurs de recherche à la pertinence d’un tri manuel sélectif. Et pour être efficace, cette « curation » ne pourra se satisfaire de copier/coller ou d’agglomérer des contenus récoltés automatiquement via des fils RSS, elle devra aussi et surtout apporter cette touche personnelle qui lui assurera une réelle valeur ajoutée.  C’est ce plus qu’apporte notre expertise et nos talents de chercheur-cueilleur.

Au plus nous partageons le fruit de notre veille et de nos recherches via des plateformes d’agrégation et de partage de connaissances, notre visibilité continue de grandir.

3.   Synthétiser & diffuser

La troisième étape consiste à produire soi-même un contenu original, réfléchi et utile. Que ce soit à travers un blog, des articles invités, une newsletter ou un livre blanc, cet exercice éditorial permet de sortir du lot et d’attirer le public bien plus sûrement qu’un site statique ou les interactions sporadiques de nos débuts.

Pour intéresser un public toujours plus exigeant, en quête de sens et d’inspiration, il faut  déployer des  trésors de créativité, raconter des histoires crédibles, développer des théories innovantes, apporter un éclairage inédit ou un point de vue inattendu. Mais, dès lors qu’elle retient l’attention, cette production originale permet de créer des liens supplémentaires et d’intensifier les échanges avec les lecteurs.

Quant à savoir quoi et comment publier, la question se résout d’elle-même dès lors que nous nous astreignons à une écoute attentive et régulière des demandes et attentes du public.  Mais dans tous les cas, se concentrer sur son cœur de métier et investir suffisamment de temps pour donner aux lecteurs l’envie de revenir, est toujours un bon plan.

4.    Inspirer & syndiquer

Inspirer les lecteurs au point qu’à leur tour ils transmettent notre contenu est la quatrième et dernière étape du partage de l’information. Donner l’envie de partager, voilà le but ultime!

En effet, dès que nous publions des informations vraiment pertinentes, des lecteurs prennent le relais et les diffusent à leur tour (bloggeurs, curateurs, community managers ou autres experts) auprès de leur communauté.  Et nous sommes parfois surpris de voir ainsi notre visibilité prendre son envol!  Car la puissance virale de ce mode de propagation est indéniable. Un bon contenu est porté par la vague  et vient enrichir la connaissance collective. La  crédibilité de son auteur est décuplée grâce aux associations positives (surtout si le relais est une source influente et fiable).

En conclusion

Plus nous multiplions les échanges en ligne, plus nous affinons notre veille, partageons ou créons du contenu inspirant et facile à partager, plus nous participons à l’élaboration d’un fonds de connaissance collective de qualité, plus nous participons à la lutte contre l’infobésité.