Il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà entendu parler de GAFA, NATU ou FinTech. Mais quel est, à votre avis, le point commun entre ces différents acronymes ?  Chacun regroupe un ensemble de sociétés qui ont profondément marqué l’évolution de l’économie mondiale. Cela vaut donc la peine de s’y arrêter un instant.  

Les géants du numérique

  • Dans les années 1990, les “Big Four” d’internet s’appelaient Microsoft, Intel, Cisco et Dell. Ils dominaient le marché de la micro-informatique de l’époque.
  • À l’horizon 2000, avec l’essor d’internet et du mobile, d’autres champions sont venus les bousculer : les GAFA sont nés, à savoir Google, Apple, Facebook et Amazon.
  • Depuis 2010, un nouveau groupe émerge, les NATU, représentant Netflix, AirBnB, Tesla et Uber.

Ce qui caractérise ces derniers groupes : des croissances fulgurantes, dignes de start-up, des valorisations vertigineuses et surtout, des business model disruptifs qui transforment à chaque fois des industries qui se croyaient protégées des remous de l’innovation digitale.

GAFA : les géants de la nouvelle économie

L’acronyme GAFA réunit donc les 4 géants américains du marché digital, les icônes du modèle économique de la Silicon Valley : GOOGLE, APPLE, FACEBOOK et AMAZON.

Ces 4 entreprises ont bousculé les concepts classiques de marché, concurrents, positionnement ou produits. Ils ont placé le client au centre de leurs préoccupations. Et cela leur a plutôt bien réussi puisqu’elles affichent une santé financière époustouflante.

Dans une étude appelée GAFAnomics, l’Agence d’Innovation FaberNovel décrypte le succès des GAFA et la manière dont ils ont défini les règles d’une nouvelle économie :

  1. Le client avant tout: qu’il soit payant ou non, les GAFA veulent se rendre indispensables et procurer à chaque utilisateur la meilleure expérience, qu’il s’agisse d’un simple visiteur, d’un « ami » ou d’un client payant.
  2. La création de valeur: les GAFA visent la satisfaction des besoins de leurs clients avant de penser revenus. Apporter de la valeur à long terme prévaut sur la profitabilité à court terme. Ils se focalisent donc sur la valeur « utile ».
  3. La gestion des talents : Les GAFA veulent créer un environnement de travail propice à l’innovation pour doper la performance et inventer le futur. La liberté de pensée et d’action en est le fondement. La technologie se met au service de la productivité et de la performance des travailleurs. Le management adopte les codes de la culture hacker.

L’objectif ultime de ces 4 géants : offrir la meilleure expérience digitale possible.
Résultat : leur part du parcours digital du consommateur est de … 55%.

Bref, ils ont définitivement bousculé les recettes traditionnelles du succès.
Pour les imiter, voici les questions que vous devrez vous poser :

Selon FaberNovel, chacun des 4 GAFA est positionné, via des offres, des rachats ou des partenariats, sur les 7 industries clefs de la transformation numérique : les télécoms et l’IT, la santé, la distribution, les énergies, les médias et le divertissement, la finance ainsi que le voyage et les loisirs.

NATU : les nouveaux champions de la disruption

Surfant et capitalisant sur les services créés par les GAFA, une nouvelle génération d’entreprises exploite la digitalisation pour développer de nouveaux modèles économiques disruptifs. À leur tour, ils rendent obsolètes les règles de fonctionnement de leur marché : la construction automobile pour Tesla, l’hôtellerie pour AirBnB, l’usage de la télévision pour Netflix et les transports pour Uber.

Ces entreprises jeunes et innovantes sont loin d’avoir le poids économique des GAFA mais elles montent très vite. Leur point commun est de disrupter des marchés entiers : en s’appuyant sur les technologies digitales, ces sociétés ont remplacé les intermédiaires et la plupart des acteurs clefs par des applications.

Les 4 super pouvoirs pour surperformer dans l’économie du réseau

 

  1. Magnétisme – Agréger et manager de très petites équipes pour capturer la valeur, la transformer et la redistribuer au plus court.
  2. Temps réel – management optimisé et travail en béta perpétuel pour répondre instantanément aux besoins des clients. Principe d’amélioration continue et de développement itératif.
  3. Illimité – dès que la masse critique est atteinte, l’entreprise peut augmenter indéfiniment ses revenus avec un impact minimal sur les coûts. Vitesse de croissance et profitabilité.
  4. Intimité –la connaissance client est cruciale pour créer des relations intimes et pérennes

Les points communs de ces nouvelles stars à l’ascension fulgurante :

  • Une plateforme technique innovante
  • Un décloisonnement total de leur marché
  • Une expérience client nettement améliorée, à moindre coût
  • De nouveaux usages sur des marchés où les attentes sont fortes
  • Un service à haute valeur ajoutée qui se différencie en permanence
  • Des salariés remplacés par des autoentrepreneurs souvent précarisés

Trois attributs déterminants pour leur succès :

  1. la qualité et la satisfaction client comme priorité numéro 1.
    Un système de notation permanente garantit la pérennité de l’écosystème.
  2. La vitesse d’exécution et l’audace au service de l’ambition.
  3. La créativité et l’innovation comme moteur de croissance.

Exemples et explications ici.

En digitalisant et en désintermédiant des activités traditionnelles, ces nouvelles industries appuient bien davantage leur développement sur le capital numérique que sur le capital humain ; ainsi, Airbnb est devenu le concurrent direct du géant de la location hôtelière ACCORD … tout en employant 300 fois moins de personnel ; Facebook France ne compte que 37 salariés et eBay …17 !

Pour le Cabinet Deloitte, l’ubérisation de l’économie se caractérise par sept aspects essentiels :

  1. Rupture ou disruption : les modèles traditionnels sont remis en cause.
  2. Usage: l’usage est préféré à la possession d’un bien ou d’un service.
  3. Innovation: porter un regard différent sur notre quotidien et viser le mieux-vivre
  4. Échange: mettre en relation directe des clients qui recherchent un produit/service avec les fournisseurs de ce même bien ou service.
  5. Digital : l’échange entre clients et fournisseurs est supporté par des plateformes numériques.
  6. Interdépendance: le consommateur est au centre du système
  7. Dynamisme: le prix est ajusté en temps réel suivant l’offre et la demande.

Progrès pour le consommateur, l’ubérisation de notre économie apparait toutefois sur le plan social comme une machine à broyer. Il est vrai qu’ubérisation rime avec précarisation : ces entreprises essaiment et sous-traitent la gestion opérationnelle de leurs activités à des indépendants qui ne bénéficient d’aucune protection et qui doivent assumer eux-mêmes leur propre couverture en se déclarant le plus souvent comme auto-entrepreneurs. On assiste ainsi dans certains secteurs, à une « freelancisation » du marché du travail.

Fintech

De nouvelles startups disruptives apparaissent chaque mois. L’acronyme Fintech regroupe les startups actives dans le domaine de la finance. Leur succès réside dans leur capacité à apporter des réponses aux nouveaux modes de consommation.

L’ubérisation de ce secteur est en marche :

  • Nouveaux services numériques et instruments financiers alternatifs
  • Paiements numériques y compris paiements mobiles, peer-to-peer
  • Prêt via des plateformes peer-to-peer, tant pour les entreprises que pour les prêts personnels
  • Conseils et services automatisés de gestion de patrimoine
  • Crowdfunding en ligne et financement par capital-risque

Conclusion

Le mouvement d’ubérisation s’amplifie et touche de plus en plus de secteurs. Plus rien ne l’arrête !

Seule parade pour chaque entreprise : en prendre conscience, repenser son business model et l’adapter au monde d’aujourd’hui pour préparer l’avenir.

Pour aller plus loin