À l’école, à l’université et pendant la majeure partie de ma vie active, l’idée de devenir indépendante ne m’a jamais effleurée.  Cela ne faisait partie ni de mon ADN, ni de mon héritage familial. Et même si la lourdeur et la lenteur du monde « corporate » me frustraient parfois, je n’ai jamais vraiment remis en cause ce mode de fonctionnement, somme toute rassurant et confortable, puisque j’y jouissais d’une position de cadre enviable et d’une indépendance relative !  Jusqu’au jour où …

Mise à pied au bout de 30 ans de « bons et loyaux services », au terme d’une carrière où j’avais lentement mais sûrement gravi les échelons hiérarchiques ; débarquée à près de 55 ans, je me suis retrouvée en plein hiver sur le quai d’une gare de triage, où la plupart des trains étaient en partance pour … nulle part!

Ce n’est un secret pour personne, retrouver un emploi après 50 ans … (pour une femme qui plus est) relève de l’exploit, même en étant prête à réduire – drastiquement – ses ambitions.  C’est bien simple: la plupart des cabinets de recrutement ne prenaient même pas la peine de répondre à mes sollicitations et mon CV devait probablement atterrir dans la poubelle.

Et si, d’aventure, j’étais conviée à un entretien, c’était pour m’entendre dire que, malgré mon expérience parfaite pour le poste, le client préférait une personne plus jeune (comprenez moins coûteuse et plus malléable).  J’avoue ne pas avoir eu envie de réitérer l’expérience très souvent. J’avais passé l’âge de ce jeu de dupes.

Bien sûr j’ai bénéficié, comme le prévoit la loi, de l’accompagnement d’un bureau d’outplacement.
Un conseil: profitez-en au maximum. J’y ai suivi toutes les formations et tous les séminaires proposés. Dans un premier temps pour rester dans le mouvement et échanger avec d’autres, mais aussi pour ne pas me renfermer et ruminer dans mon coin.

Dès le départ, j’ai résolument regardé vers l’avant. Une page venait de se tourner. Il ne servait à rien de regarder en arrière, de regretter, de fulminer ou de se lamenter. Il n’y avait qu’une seule issue possible: continuer le chemin, écrire le chapitre suivant. Et j’étais bien décidée à ne pas me laisser abattre, quoi qu’il advienne.

Dans le cadre de l’outplacement, un coach m’a accompagnée pendant quelque temps. J’avoue en garder peu de souvenirs, si ce n’est la certitude que ce n’est pas lui qui m’a fait avancer (sans doute est-ce dû à mon caractère … j’ai toujours eu du mal à écouter  ceux qui ne font qu’appliquer une théorie ou un livre de bonnes pratiques).

Après 4 mois de ce régime, il devenait urgent … de bouger, de REBONDIR !

[pullquote]Si vous aussi vous cherchez à rebondir, vous trouverez de très bons conseils dans le guide pratique mis en ligne par l’association Force Femmes qui accompagne et soutient les femmes de plus de 45 ans dans leurs démarches de retour à l’emploi et de création d’entreprise.[/pullquote]

L’étincelle est venue lors d’une séance d’information sur le statut d’indépendant. Tout à coup, tout s’est éclairé ! Mais oui, elle était là la solution: le statut d’indépendant complémentaire auquel j’avais droit pendant toute ma période de préavis me permettait de démarrer une activité de conseil, tout en douceur, sans prendre beaucoup de risques …  De plus, ce statut particulier me donnait le temps d’opérer ce changement de cap radical sans me mettre la pression.  Et comme je ne connaissais rien au monde de l’entrepreneuriat, j’ai mis à profit cette période transitoire pour me former et aborder dans les meilleures conditions possibles mon nouveau challenge professionnel.  C’est ainsi que je me suis inscrite au cours ICHEC PME-Start.  Une très belle expérience, riche en rencontres et enseignements. Tous les futurs entrepreneurs devraient suivre ce type de formation.

Mon objectif était simple: au bout de 2,5 ans, je devenais indépendante à part entière. À ce moment-là mon activité devait être viable, sinon il me faudrait revoir  ma copie.  Heureusement, après une période de démarrage en dents de scie, les missions se sont enchaînées et prolongées pour aboutir à un flux de travail continu en 2013. Bingo ! J’avais repris ma vie professionnelle en main.

La vie d’entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille, tant s’en faut … mais cela, c’est une autre histoire que je vous raconterai sans doute plus tard.